Une formation de trois jours sur le journalisme d’investigation appliqué aux finances publiques s’est achevée mercredi à Kinshasa, réunissant une douzaine de journalistes congolais dans le cadre du projet « Uwazi, Fostering Accountability in Public Affairs through Investigative Journalism », implémenté par Kinshasa News Lab.
La première journée de cette formation, mardi 18 novembre, a été consacrée au suivi budgétaire et aux mécanismes de contrôle des finances publiques. Animée par le formateur Valéry Madianga, la matinée a débuté par un rappel des bases légales des finances publiques en République démocratique du Congo, notamment les types de lois de finances, les principes budgétaires et les acteurs impliqués dans l’élaboration du budget.
Le formateur a insisté sur le rôle des directions administratives et financières (DAF) et des directions d’études et de planification (DEP), qualifiées de structures incontournables dans la définition des priorités sectorielles. Il a également souligné l’importance de la maîtrise du calendrier budgétaire pour un suivi efficace de l’action publique.
Les échanges ont porté sur le budget consolidé de l’État, qui intègre le budget général, les comptes spéciaux, les budgets provinciaux et ceux des entités territoriales décentralisées. Selon le formateur, l’obligation faite aux provinces et aux ETD de transmettre leurs budgets au Parlement avant le 15 avril n’a été respectée qu’une seule fois, en 2014.
La session a également abordé la chaîne de la dépense publique et les procédures d’urgence, réservées aux situations de sécurité, de catastrophes naturelles ou d’épidémies. Le formateur a précisé que l’activation de cette procédure relève du ministre du Budget.
Les institutions de contrôle ont aussi été présentées, parmi lesquelles le Parlement, la Cour des comptes, l’Inspection générale des finances (IGF) et le contrôle citoyen exercé par la société civile, ainsi que les services de contrôle interne sectoriels.
La deuxième journée a été consacrée aux techniques d’investigation journalistique, exposées par le formateur Obul Okwess. Il a mis en avant l’observation de terrain, l’entretien et la documentation comme outils essentiels du journalisme d’enquête, insistant sur l’obligation professionnelle de vérification des faits et des documents. Les techniques d’immersion ont été évoquées comme pratiques possibles, tandis que l’infiltration a été présentée comme fortement risquée.
La troisième journée, mercredi 19 novembre, a complété les modules précédents, malgré un démarrage retardé en raison des fortes pluies à Kinshasa. Le suivi budgétaire a été approfondi, avec un accent mis sur l’expression des données en pourcentage et l’utilisation d’outils tels que la loi de finances, le tableau des opérations financières de l’État (TOFE) ou les rapports des institutions de contrôle.
Un module spécifique a porté sur le suivi des marchés publics, à travers des cas pratiques et l’examen des documents clés de la procédure de passation. Le formateur a rappelé que les projets doivent figurer dans la loi de finances et précisé les rôles respectifs des autorités contractantes, du ministre du Budget et du Premier ministre selon les montants engagés.
La formation s’est achevée par des exercices pratiques d’analyse budgétaire et de rédaction d’articles d’investigation, organisés en groupes thématiques. Les échanges ont porté sur la structuration d’un article d’enquête, privilégiant un plan démonstratif centré sur les résultats.
Au total, douze journalistes ont pris part à cette troisième journée et ont reçu leurs certificats de participation à l’issue de la formation.